PJL : Renforcer l’efficacité des sanctions pénales

Share Button

140617 ComLoisAudition de Mme Christiane Taubira, ministre de la justice, garde des sceaux.

Voir la vidéo (extrait partiel)

Mme Cécile Cukierman. – Nous partageons les grandes orientations de ce texte important pour une justice du XXIème siècle. Nous nous félicitons de la suppression des peines plancher, en faveur de l’individualisation de la peine, et de la restitution au juge de son pouvoir d’appréciation. Les conseillers d’insertion et de probation seront des acteurs indispensables à la réussite de ce texte. Vous avez annoncé des créations de postes, et nous espérons que des redéploiements au sein du ministère viendront les compléter. Car ces conseillers seront les chevilles ouvrières de l’insertion. La notion de parcours de peine est importante. Il s’agit d’ouvrir le débat dans l’opinion publique : une peine peut être accomplie en milieu ouvert ou fermé, et ce n’est pas dans ce dernier cas qu’elle est vécue le plus activement. Les conseillers de probation le disent eux-mêmes, il est parfois plus difficile d’effectuer une peine en milieu ouvert, parce qu’elle comporte plus de contraintes qu’en prison, où le condamné reste plus passif, livré à lui-même, quand ce n’est pas pire, au risque d’obérer ses chances de réinsertion. On n’a d’ailleurs pas vu, grâce à la prison, les délits reculer dans notre pays.

Ce texte me laisse cependant trois regrets. Le maintien, tout d’abord, de la rétention et de la surveillance de sûreté, qui va à l’encontre de l’idée de la peine comme parcours et vient rendre difficile la sortie de peine, en mettant en cause le pacte passé entre la justice et le condamné en vue de sa réinsertion. Je regrette, ensuite, que l’Assemblée nationale ait donné au préfet et aux autorités administratives le moyen d’interférer dans les missions du juge, en lui demandant de réincarcérer le condamné en probation, et confié aux instances locales et à la police des prérogatives réservées à l’autorité judiciaire. On a un peu le sentiment d’un mélange des genres. Dernier regret, enfin, la modification de l’intitulé de la loi, qui lui confère un caractère plus sécuritaire. C’est à mon sens une maladresse, qui ne change rien quant au fond mais en dit long sur un état d’esprit… Nous proposerons des amendements sur tous ces points.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *