Situation des EHPAD de la Loire

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Suite aux difficultés rencontrées par plusieurs EHPAD de la Loire, j’ai posé une question écrite à Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé.

Retrouvez la réponse.

Mme Cécile Cukierman attire l’attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur la situation préoccupante des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) dans la Loire.
Quel que soit leur statut ces établissements font le constat de difficultés financières auxquelles les directions répondent par des suppressions d’emplois. Il en est ainsi pour le centre hospitalier du Pays de Gier où 14 emplois d’aides-soignants sont menacés. Les infirmiers devront tenter d’assurer le même service avec la mise en place d’une journée de 12 heures de travail, ils devront aider pour les toilettes et les levers. Il serait demandé aux aides-soignants de distribuer les médicaments.
À la maison de retraite « La joie de vivre » de Briennon la direction annonce 8 licenciements soit 28 % des soignants et, ici aussi, la direction aurait recours à des journées de travail de 12 heures dont seulement 10 heures seraient comptées comme du travail effectif. Cela se traduit par une réduction de moitié de l’effectif présent auprès des résidents.
Au centre hospitalier Claudinon du Chambon-Feugerolles ce sont 15 postes qui sont concernés alors qu’il manque déjà du personnel.
Dans d’autres structures les suppressions d’emplois risquent également d’être à l’ordre du jour. Déjà, à l’EHPAD « La verrerie » de Firminy il n’est plus possible de pallier en interne les absences et la direction doit systématiquement procéder à des recrutements de contrats à durée déterminée (CDD). Malgré leurs qualités professionnelles le temps de leur intégration dans l’équipe modifie l’activité avec un retentissement sur la qualité de vie des résidents.
À chaque fois, l’argument est le même, le budget est ou sera en déficit et la seule variable d’ajustement dans les mains des directions est la réduction des emplois. Pour autant, si sur le plan strictement comptable cela peut apparaître comme la solution, la réalité sera très différente.
En effet, les personnels travaillent auprès de résidents demandant parfois une attention permanente et la perte d’autonomie exige une aide physique croissante devenant rapidement pathogène pour les soignants. À cela s’ajoute le fait que des liens affectifs se tissent entre les résidents et les soignants. Ces derniers subissent aussi moralement la perte d’autonomie et la disparition des résidents. Augmenter leur charge de travail se traduira inexorablement, à terme, par des arrêts de travail plus nombreux, plus longs, plus coûteux pour la société. Cette situation aura un retentissement négatif sur la qualité de vie des résidents. Le remède sera finalement pire que le mal.
Selon les directions d’EHPAD, l’enveloppe régionale de l’agence régionale de santé (ARS) Rhône-Alpes ne couvrant pas la totalité des besoins recensés, les critères de priorisation excluent les établissements de la Loire d’une réévaluation des dotations soins. Par conséquent, celles-ci n’atteignent pas le plafond de l’ARS ce qui représente un manque de recettes pouvant atteindre 15 %. C’est aussi cette situation qui est à l’origine des licenciements.
La seule solution pour nos EHPAD aujourd’hui est l’attribution des moyens nécessaires pour garantir la bientraitance. Le Gouvernement déclare porter un intérêt particulier à la prise en charge des seniors et une loi sur la dépendance serait à l’étude pour 2013. Cette loi devra être ambitieuse, partir des besoins de la population et s’appuyer sur l’ensemble des revenus, du travail et du capital.
Sans attendre son application il faut d’ores et déjà répondre aux besoins fondamentaux des EHPAD. Tout atermoiement pourrait amorcer un retour vers des conditions d’accueil que nous pensions révolues.
Par conséquent, face à ces situations urgentes, elle lui serait reconnaissante de bien vouloir lui indiquer les directives qu’elle entends donner à l’ARS Rhône-Alpes pour garantir à chacune et à chacun, les conditions d’accueil, d’hébergement et de soins qu’il est en droit d’attendre dans une société moderne.

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